| Un
peu d'histoire
La première société structurée à séjourner durablement à
Barbentane fut les Ligures. De nombreux vestiges le prouvent. Au fil
du temps, l’association de ces peuplades du nord de l’Italie avec les
envahisseurs Celtes venus de Belgique a donné un superbe mariage, les
Celto-Ligures.
Vint ensuite l’époque de la Pax
Romana, la bien nommée puisqu’elle dure 5 siècles, dont il nous reste de
nombreux vestiges (sarcophages, fondations dans le haut du village, etc).
A ce temps de paix succède celui
des invasions. Il est impossible de résumer cette période, cela reviendrait à
écrire un livre, disons que, dans l’ordre, il y eut les Alamans, les Vandales,
les Wisigoths, les Bourguignons, les Ostrogoths, les Francs, les Lombards, les
Arabes, les Normands et pour finir les Sarrasins ! Les pillages des uns et des autres amenaient
des épidémies, telles que la peste et la lèpre, et devaient s’ajouter à une
malaria endémique dans cette plaine inondable. De ce fait, il ne reste rien de
toute cette époque qui a tout de même duré près de cinq siècles.
C’est donc au IXe
siècle que les habitants du lieux recommencèrent à bâtir, aux abords de leur
ancien oppidum qui devait se situer à la place actuelle de la tour, des
fortifications qui font le charme actuel du village. C’est à partir de cette
époque que l’on trouve les premières traces écrites de Barbentane. Malgré son apparition
tardive, ce nom très ancien, signale probablement une source au pied d’une
barre rocheuse. Déjà chez les Ligures la syllabe ar signifiait eau et tan
une falaise, de plus les préfixes ‘Barva’ ou ‘Borvo’ sont très
répandus dans toute l’Europe. L’étymologie de Barbentane serait donc à
rapprocher des villes thermales telles que La Bourboule, Barbotan les
Thermes, etc....
L’époque qui suit, si elle est
plus connue, est tout aussi confuse. Un jour nous étions sujets de sa Majesté
le Roi de Provence, le lendemain ceux du Roi des Francs ! Situés aux
abords d’une frontière nous permettaient de ne pas rester inconnus, mais de qui
étions-nous les vassaux ? Une date précise doit être tout de même retenue
pour cette époque : 1133. En effet, c’est cette année-là, que
Barbentane voit son premier Seigneur, Guillaume de Barbentane, dont le
descendant direct est toujours Barbentanais. Son nom exact est Monsieur Henri
de Puget de Cabassole du Réal de Barbentane ! Marquis de son état !
Ce Guillaume habitait, à l’époque, la splendide Maison des Chevaliers qui fut
terminée en 1178.
La Papauté, en s’installant en
Avignon au XIVe, a au moins permis de clarifier la situation. Nous sommes
devenus, pour un temps, sujets Pontificaux !
Ce n’était pas sans agréments que
les Barbentanais virent la chose. Outre tous les avantages qu’ils pouvaient
tirer de la situation, allègement ou exemption pure et simple des charges et
des taxes, ils bénéficièrent surtout d’un embellissement architectural du
village. Fortifications rehaussées, agrandissement de l’église datant de la
même époque que la Maison des Chevaliers, construction de la Tour Anglica en
1364-1365. Elle est toujours
droite !
Ce fut ensuite l’époque trouble de
la Révolution. Si vous venez visiter le village, nous vous raconterons
l’histoire, parfois saignante mais le plus souvent cocasse entre les Rouges et
les Blancs, nos ancêtres. Les prises de position, forcément tranchées, de cette
époque ont marqué toute l'histoire des Barbentanais jusqu'à nos jours. Les
familles se passaient de générations en générations le flambeau caractéristique
du clan. On naissait Rouge ou Blanc et on se devait de maintenir cette couleur
au plus haut point de sa brillance tant par ses paroles que par ses actes, même
les plus anodins
Les deux grands pôles économiques
de Barbentane furent, dès l'origine, l'agriculture et les carrières de pierres.
Sa grande plaine alluvionnaire
permettait une agriculture intense et de grande qualité, essentiellement basée,
aux temps historiques, sur une culture autarcique (blé, fèves, etc...).
Puis vint l’époque béni de la
culture de la Garance, première vrai culture ‘industrielle’ ! Pensez, à
l’époque vers les années 1850, il fallait 1 000 Barbentanais et 600
travailleurs immigrés pour récolter cette plante ! Cette ‘manne’ fut de
courte durée et s’effondra en quelques années suite à l’apparition, déjà, des
colorants chimiques ! Toutefois, la construction de la ligne impériale de
chemin de fer reliant Paris à Marseille via Lyon (le PLM) vers les années 1840
a permis le remplacement de la Garance par les ‘Primeurs’. En effet, les terres
ayant été aplanies et irriguées, il ne restait plus qu’à planter des cyprès
pour se protéger du Mistral et se lancer dans la culture de ces nouveautés. Un
ensoleillement méditerranéen à nul autre pareil, conjugué avec une présence
d'eau à très faible profondeur et en quantité illimitée, ont fait naître une
agriculture variée de fruits (pommes, poires, pêches, etc...) et de légumes
(haricots, aubergines, tomates, courgettes, etc...).
La gare ferroviaire de Barbentane, point de jonction avec la
ligne de chemin de fer venant de Plan d'Orgon (13), fut même pendant
assez longtemps la première gare primeurs de France !
L'éperon rocheux sur lequel est
juché le village a été de tout temps exploité par les carriers. Certes, la
pierre de Barbentane n'est sûrement pas la meilleure qui soit, mais elle s'est
révélée indispensable pour les énormes besoins de construction tant du village
que des éléments architecturaux d'Avignon et villages environnants.
Les immenses vides laissés par
cette extraction au sein du village même, ont été utilisés par les habitants.
Barbentane possède deux quartiers
presque exclusivement troglodytes et de bonne facture puisque encore entièrement
habités de nos jours.
Ces deux activités économiques
sont grandes utilisatrices de main-d'œuvre et, à celle autochtone, s'est
ajoutée une forte immigration Latine (Italie, Espagne) depuis des temps très
anciens et a perduré jusqu'aux années 60. Depuis cette époque, l'immigration
est essentiellement Maghrébine.
L'intégration sociale de tous ces
étrangers est assez notable pour être relatée. Lors de leur arrivée, les
nouveaux venus s’installent au plus haut du village dans le quartier le plus
ancien (datant du bas moyen âge) aux habitats des plus rustiques. Au fur et à
mesure de leur intégration, ils descendent vers les habitations plus
techniquement modernes, situées dans la plaine. Au passage, ils entretiennent
et rénovent constamment cette partie du village. On pourrait imager cette
intégration, réussie jusqu’à présent, en usant de la métaphore et disant que,
comme un caramel, les immigrés ont toujours nappés d’une saveur suave et
colorée le gâteau du village ! Juste retour des choses, actuellement ce
sont des nouveaux immigrés, ceux de l’intérieur pourrait-on dire (Parisiens,
Gens du Nord, etc...), qui reprennent le flambeau, espérons qu’ils réussiront,
eux aussi par leur intégration, à donner un nouveau goût au village.
Aujourd'hui, les carrières de
pierre ont complètement disparues et l'agriculture a perdu de sa primauté dans
l'activité principale du village. La culture Provençale, elle, reste bien
vivante. Avec leurs manifestations culturelles, leurs diverses activités
artistiques, les Barbentanais restent majoritairement attachés à leur culture
originelle.
Bien sur, Barbentane possède aussi
sa spécialité culinaire ‘Les tirettes’. Faites en pâte spéciale
au secret de fabrication jalousement gardé par les Maîtres Boulangers du
village, elles se révèlent indispensables pour assurer les savoureux petits
déjeuners des dimanches et des jours de fêtes !
Mais Barbentane c’est aussi un
succulent cadre de vie, un village de qualité aux associations nombreuses et
actives avec ses commerces variés et dynamiques et ses artisans authentiques
artistes de qualité.
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Régis Havond - Pixel-art
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