| Jean
Moulin
Jean Moulin est né le
20 juin 1899 à Béziers où son père était professeur d'histoire.Il
fait des études de
droit à Montpellier et entre très tôt dans la carrière préfectorale : d'abord
secrétaire général de Préfecture à Montpellier, il est en 1925 le plus jeune
sous-préfet de France, à Albertville en Savoie.
Il a également
appartenu à plusieurs cabinets ministériels et notamment celui de Pierre Cot,
Ministre de l'Air dans le gouvernement du Front populaire d'où il s'engage dans
l'aide clandestine à l'Espagne républicaine. Nommé préfet en mars
1937, il est, là encore, le plus jeune préfet de France et est nommé à Rodez en
1938 puis à Chartres l'année suivante.
Lorsque la guerre éclate, il
veut rejoindre les troupes, mais il est maintenu en affectation spéciale à
Chartres où il fait face à l'exode de la population. Le 17 juin 1940, il
reçoit alors les premières unités allemandes ; celles-ci veulent lui faire
signer une déclaration accusant des unités de tirailleurs africains d'avoir
commis des atrocités envers des civils à Saint-Georges-sur-Eure, en réalité
victimes des bombardements allemands.
Maltraité et enfermé
parce qu'il refuse de signer, il se tranche la gorge dans sa cellule. Soigné in
extremis par les Allemands, il reste à son poste avant d'être, comme préfet de
gauche, révoqué par Vichy début novembre ; il part pour la zone sud, s'installe
dans la maison familiale de Saint-Andiol (Bouches-du-Rhône) et prend contact
avec les principaux mouvements de résistance de zone sud.
En septembre 1941, il
quitte la France par ses propres moyens pour rejoindre l'Angleterre depuis le
Portugal après avoir traversé l'Espagne. A Londres, il est reçu par le général de Gaulle
auquel il fait le compte-rendu de l'état de la résistance en France et de ses
besoins. Rapidement convaincu de l'intelligence et des capacités de son
interlocuteur, le chef des Français libres renvoie Moulin en métropole avec
pour mission de rallier et d'unir les mouvements de résistance. Il doit
également créer une Armée secrète en séparant le militaire du politique.
Avec des moyens
financiers et de transmission, Jean Moulin est parachuté sur les Alpilles le 2
janvier 1942 à 3h30 du matin. Il installe son Q.G. à
Lyon.
Délégué général du
général de Gaulle, "Rex", alias Moulin, commence à mener à bien sa
tâche complexe et délicate en zone sud. Il rencontre Henri Frenay,
Emmanuel
d'Astier et Jean-Pierre Lévy,
respectivement responsables des trois principaux mouvements de la zone sud Combat,
Libération et Franc-Tireur, leur apporte une aide financière,
parvient, non sans mal, à aplanir leurs différends. Son action aboutit, en
octobre 1942 à la création de l'Armée secrète (AS), fusion des groupes
paramilitaires de ces trois grands mouvements, dont le commandement est confié
au général Delestraint
puis, au début de l'année 1943, à la création des Mouvements unis de Résistance
(MUR) rassemblant Combat, Libération et Franc-Tireur.
Grand amateur d'art et
dessinateur lui-même, l'ancien préfet Jean Moulin ouvre entretemps une galerie
d'art à Nice, la galerie Romanin (son propre pseudonyme d'artiste), qui
lui sert de couverture.
En février 1943, Jean
Moulin se rend à nouveau à Londres où il rend compte de sa mission et est
décoré par le général de Gaulle de la Croix de la
Libération.
De retour en France
fin mars, "Rex" devenu "Max" est le seul représentant du
général de Gaulle pour la Résistance. Ses efforts dans toutes les directions,
malgré certaines réticences, aboutissent bientôt à la constitution du Conseil
national de la Résistance (CNR) dont la première réunion se tient sous sa
présidence au 48 de la rue du Four à Paris, le 27 mai 1943. Il s'agit d'un
conseil réunissant les responsables de mouvements de résistance des deux zones
mais aussi des responsables politiques et syndicaux. Important politiquement
car il symbolise aux yeux du monde - et surtout des Alliés - l'unité française,
le CNR adopte lors de sa première réunion une motion reconnaissant le général
de Gaulle comme le seul chef politique de la France combattante.
Dans le but
d'organiser rapidement la relève à la tête de l'Armée secrète qui vient d'être
décapitée par l'arrestation à Paris du général Delestraint, Moulin en convoque
les responsables pour le 21 juin 1943 à Caluire, dans la banlieue de Lyon, chez
le Docteur Dugoujon. Mais à la suite de dénonciations, la police de sécurité
allemande (SIPO-SD) menée par Klaus Barbie intervient : tous sont arrêtés et
emmenés à la prison du Fort Montluc.
Sauvagement torturé
par les hommes de Barbie qui l'identifie après deux ou trois jours, Jean Moulin
est transféré début juillet avenue Foch à Paris puis dans une villa de Neuilly,
où la Gestapo avait coutume "d'interroger" des personnalités
importantes ; tous ses tortionnaires s'acharnent sur lui mais en vain, il ne
parlera jamais. Devant cet échec, Berlin exige son transfert. C'est dans le
train qui l'emmène en Allemagne, quelque part entre Metz et Francfort, alors
qu'il n'a déjà plus figure humaine, qu'il meurt le 8 juillet 1943.
Ses cendres,
jusqu'alors déposées au Père Lachaise, ont été transférées au Panthéon le
19 décembre 1964.
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 A Montparnasse
 Les faméliques de Montparnasse
Encre de chine et aquarelle, signé Romanin
Musée des Baeux-arts de Béziers |